Poker en ligne fini en France ?
Depuis quelques mois, on peut lire un peu partout que les joueurs de poker en ligne qui résident en France devraient voir la législation s’assouplir dans leur pays… Cependant, il semble que ces propos soient encore une fois destinés à rester l’expression d’un optimisme voué à la déception.
C’était sans compter sur l’arsenal juridico-répressif que les autorités s’apprêtent à mettre en place pour préserver la position de monopole de la Française des Jeux et du PMU, et faire « la nique » aux sanctions européennes.
Cette fois, le prétexte utilisé par la ministre française de l’intérieur Alliot-Marie est génériquement la lutte contre la cyber-criminalité sous toutes ses formes. Les français pourraient s’en réjouir, si cette lutte est effective et permet réellement de protéger les consommateurs en ligne, mais la réjouissance sera de courte durée si cela passe par des accords « forcés » entre les forces de police et les acteurs du net qui n’auront pas nécessairement le choix de refuser (fournisseurs d’accès, notamment).
Cette Loi d’Orientation et de Programmation pour la Sécurité Intérieure (LOPSI version 2) devrait être soumise assez vite aux votes de l’Assemblée Nationale (organe législatif en France). Une surprise ? Non, pas vraiment, puisque l’Allemagne, pourtant acteur majeur de la communauté européenne, a déjà franchi ce pas et interdit purement et simplement toute forme de jeu en ligne depuis le 1er janvier 2008 : les FAIs sont déjà tenus de bloquer les sites considérés comme illégaux et les organismes bancaires sont appelés à la plus grande vigilance, par le biais d’une interdiction de toute transaction avec un site de jeux en ligne.
Tout ceci, bien entendu, en totale contradiction avec les lois européennes sur la libre circulation des services, alors même que la France s’apprête à prendre la présidence de cette union européenne le 1er juillet 2008… On croit rêver ! Et il y a fort à craindre que les recours engagés par certains sites de jeux en ligne auprès de la Cour de Justice européenne pour violation de la constitution allemande et les menaces d’amendes importantes faites par la Commission Européenne à la France en restent lettre morte…
Au nom de la protection des joueurs, de la lutte contre l’addiction ? Mon oeil ! Allez faire un tour en France, entrez dans un bureau de tabac qui propose le jeu permanent de la Française des Jeux (Rapido) et voyez vous même : aucune protection ! On n’est pourtant bien dans un casino, non ? Malgré cela, pas de contrôle d’identité, jeu illimité (le buraliste ne va pas modérer ses clients, c’est aussi sa commission qui est concernée), aucune protection des mineurs réelle, jeux pratiqués en espèces, sans aucun contrôle de la provenance des fonds, même pour les gros joueurs (jouez 3 ou 4 000 euros dans la journée, personne ne vous demandera aucun compte)… Vous avez dit addiction ?
Mais voilà, les jeux en ligne, dont le poker, sont… la bête noire ! Le seule point « positif » est le fait que la ministre a évoqué l’éventuelle constitution d’une commission de déontologie sur la communication en ligne… Ce sera peut être alors (on peut rêver !) l’occasion pour les joueurs de poker en ligne français de s’exprimer et de faire valoir leurs droits européens, pourquoi pas à travers la charte du e-poker en cours de rédaction par la TribuPoker .
De grâce, demandons à nos politiques de tous les pays d’europe de ne pas jeter l’eau du bain avec le bébé ! Responsabiliser les acteurs de l’industrie des jeux d’argent en ligne, oui bien sûr que c’est indispensable, mais fermer la porte unilatéralement aux sociétés sérieuses, c’est aussi ouvrir la trappe à un marché parallèle, qui lui, sera forcément malsain puisque hors contrôle ! Laissons une telle stupidité à nos amis américains, qui d’ailleurs sont en passe eux mêmes de revenir en arrière partiellement sur la loi anti-gambling.
























